L’économie jamaïcaine est marquée par un faible taux de croissance et par la dérive de la dette (5,7 Mds USD en 1988 contre 12,5 Mds USD fin 2008, soit 115 % du PIB). Le pays est donc confronté à une situation économique difficile (importante économie informelle, émigration, catastrophes naturelles destructrices) à laquelle s’ajoutent les difficultés causées par la crise internationale. La situation paraît assez critique dans ce pays qui ne manque pourtant pas d’atouts (situation géographique stratégique, capacité touristique). L’économie est encore peu diversifiée et les principaux secteurs générateurs d’emplois et de revenus (commerce, tourisme, mines et agriculture) sont en outre très affectés par la crise.
Après l’embellie de 2006, la croissance jamaïcaine, une des plus faibles au niveau régional, a de nouveau fléchi. La croissance du PIB sur la période 2000-2005 s’est établie à 1,3% en raison de plusieurs chocs externes (notamment le passage de 4 ouragans) et du « scandale du ciment », qui a fortement pénalisé le secteur de la construction en pleine expansion. En 2006, la croissance a atteint 2,5%, meilleure performance depuis 11 ans, impulsée par la récupération de l’agriculture, la reprise du secteur de la construction et la bonne tenue des services (tourisme). Mais, notamment à cause des ouragans qui ont affecté le secteur agricole et endommagé plus de la moitié du réseau routier national, la croissance s’est de nouveau affaiblie en 2007, à 1,1 %. La crise qui frappe actuellement l’économie mondiale a sapé les quelques piliers de la faible croissance jamaïcaine et, selon les estimations de la Banque Centrale, l’économie aurait reculé de 0,4 % en 2008. L’économie jamaïcaine est en effet fortement dépendante des Etats-Unis (37% de la valeur totale des exportations, 65% des touristes et 54% des transferts de fonds des émigrés) et des exportations de bauxite (60 % de la valeur totale des exportations). Ainsi, au mois de janvier 2009, la baisse des exportations est estimée à 13 %, celle des revenus du tourisme à 5 % et celle des transferts de fonds des émigrés à 10%. Le secteur minier devrait également connaître un recul de 37 % en 2009. De par l’approfondissement de la crise mondiale et l’incapacité de la Jamaïque à trouver une issue de secours à celle-ci, le recul de l’économie s’accentuera en 2009 (-2,2 % selon les estimations de la Banque Centrale).
L’inflation, qui avait nettement baissé en 2006 (8,5 % en moyenne contre 13 % sur la période 2003-2005), est depuis repartie à la hausse, avec une moyenne de 9,4 % en 2007 et de 22% en 2008. Les tensions inflationnistes ont été particulièrement fortes jusqu’en septembre 2008, sous l’effet de la hausse de la facture pétrolière et alimentaire du pays ainsi que des destructions, notamment agricoles, liées aux ouragans de 2007. Cependant, la baisse des cours mondiaux des matières premières ainsi que la politique monétaire restrictive de la Banque Centrale (taux d’intérêts élevés et interventions sur le marché des changes) ont ensuite permis d’alléger ces tensions et le pays a connu une inflation nulle entre octobre et décembre 2008. Le ralentissement de l’inflation devrait se poursuivre en 2009, même si la dépréciation, contenue mais continue, du dollar jamaïcain (- 9 % face au dollar américain sur le seul mois de janvier 2009) renchérira le coût des importations.
Texte émanant du Service économique pour l’Amérique Andine et les Caraïbes et repris avec l’autorisation du Chef des services économiques (droits réservés).