La France en Jamaïque et auprès du Commonwealth des Bahamas
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Economie

Une industrie touristique massive

Malgré un léger fléchissement de l’économie en 1991-1992 (-4,3 % pour le PIB en prix courants en 1991), les Bahamas ont expérimenté une croissance soutenue dans les années 1990, grâce à une conjoncture nord-américaine favorable mais aussi grâce aux nombreuses réformes mises en place : renforcement de la responsabilité fiscale, privatisation des hôtels nationaux (20 % du secteur en 1992 ; 5 % en 1994), promotion des investissements et développement des infrastructures ainsi qu’une tentative de diversification économique.

Le Commonwealth des Bahamas reste un des pays les plus prospères de la région caribéenne avec un des premiers PIB per capita d’Amérique Latine et des Caraïbes (16 949 USD en 2005) mais demeure très dépendant des Etats-Unis (87 % des touristes en 2005).

L’économie du pays est principalement basée sur les activités financières offshore et le tourisme, avec une 9ème place mondiale pour la part relative du tourisme dans le PIB (50,1 % selon le WTTC ; 3 159,1 M.USD de recettes touristiques en 2005). Les Bahamas ont connu un ralentissement en 2001- 2002 (+0,8 % de croissance pour le PIB 2001 en prix constants 1991) qui était en partie dû au fléchissement nord-américain suite au 11 septembre. Les nouvelles régulations financières adoptées sous pression du FMI et des Etats-Unis ont elles aussi amoindri l’activité financière bahaméenne après leur mise en place en décembre 2000. Pourtant cette mauvaise conjoncture a été vite dépassée grâce aux efforts faits par le gouvernement : amélioration des infrastructures pour les services publics de base comme l’énergie, l’eau et les transports ainsi que des services liés au tourisme (routes, extension de l’aéroport de la capitale).

Par ailleurs, depuis 2002, la reprise des investissements dans le tourisme s’est traduite par l’augmentation de la capacité hôtelière (de l’Atlantis Resort sur Paradise Island notamment) et celle-ci ne cesse de croître grâce à de nouveaux projets hôteliers ainsi qu’à la promotion du tourisme dans les Family Islands.

Les services financiers, deuxième activité du pays, représentent en moyenne 15 % du PIB. En 2005 le gouvernement bahaméen dénombrait 262 banques et sociétés fiduciaires mais depuis le renforcement des régulations financières en 2001 (création du Financial Intelligence Unit) près de la moitié des compagnies internationales qui y étaient enregistrées ont quitté le territoire.

La quasi-totalité de la production agricole (3 % du PIB environ) est destinée au marché local. Les Bahamas sont obligées d’importer 80 % des produits alimentaires consommés. Le gouvernement actuel cherche à inciter les investissements étrangers afin de réduire cette dépendance alimentaire. Le pays souhaite développer l’aquaculture de crevettes, les élevages bovins et porcins ainsi que la production et transformation de fruits.

La stabilité économique des Bahamas se traduit aussi par une politique monétaire avec une parité USD-BSD historique (depuis 1973) et une inflation contenue, à 2,2% en 2005 (alors qu’en 2004 elle était de 1% et en 2003 de 3%).

Suite aux ouragans Jeanne et Frances en 2004, le gouvernement a dû aider à la reconstruction, aggravant ainsi la dette publique, qui devient un des points macro-économiques sensibles du pays. Pourtant, les revenus de l’Etat ont augmenté : +16,5% entre 2004 et 2005 et +4,4% entre 2003 et 2004. Ceux-ci se basent principalement sur les droits de douanes puisque le pays ne collecte ni impôts sur le revenu ni TVA. Ce problème reste un des obstacles à la libéralisation des échanges, ne facilitant pas les négociations de la ZLEA (ou FTAA).

Enfin, les perspectives de croissance restent optimistes pour les prochaines années (prévision de +3,5 % pour 2006-2007), le gouvernement devant toutefois relever les défis posés par l’intégration commerciale, la régulation bancaire et les aléas du tourisme.

Texte émanant de la mission économique de Saint Domingue et repris avec l’autorisation du conseiller économique régional (droits réservés).